Épisode: Laissez-moi pas le volant

Si vous y pensez, conduire demande plusieurs facultés qui ne doivent surtout pas être affaiblies. Autant votre physique que votre cognitif s’entremêlent pour attester votre niveau de nuisance routière. Il y a plusieurs raisons qui viennent édulcorer la permission… mais encore faut-il l’obtenir !

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Je devais être grandement mal prise pour entreprendre cette aventure ayant pour but l’acquisition d’un droit de conduire. Je n’étais pas de celle qui se précipite dès l’âge de 16 ans pour gagner leur liberté. Oh chère autonomie! Oh chère essence! J’avais développé un art pour quémander du voiturage et planifier des trajets de transport en commun. Je vous le dis, ce n’est pas la même efficacité entre certaines “grandes villes” québécoises. Je souligne d’ailleurs l’initiative de Sherbrooke qui permet l’accès gratuit aux autobus sur présentation d’une carte étudiante du secteur. L’autre extrême, le laissez-passer mensuel le plus cher est… à Toronto (146$\adulte ou 116$\étudiant).

Revenons aux défis que représente le transfert de spectateur à conducteur. Je dois avouer que ma peur comme passager ne m’encourageait pas à vouloir essayer de contrôler. Mon hamster poilu intérieur imaginait toujours le pire… le poussant même à faire des pré arrangements funéraires dans mon mental. Depuis, j’essaie de faire confiance… tout un exercice de lâcher prise quand la catastrophe vous vient en tête avec un imaginatif assez surprenant. Le stress est partout, juste de penser: est-ce que la lumière va virer au rouge ou est-ce que le camion va changer de voie?

Alors que s’est-il passé lorsque j’ai eu 22 ans pour que je change d’idée?

Je m’étais habillée du plus chic que j’ai pu, ce qui veut dire un veston jeans. J’avais une entrevue pour l’admission dans ma spécialité et la question a été rapidement soulevée: As-tu une voiture et peux-tu te déplacer sur un certain territoire? Réponse: Bien sûr! La réalité m’a vite rattrapée, en plus de ne pas avoir de voiture.. je n’avais pas l’ombre d’un bout de plastique appelé permis de conduire.

Première étape, l’examen théorique. Le plus facile puisque ma mémoire était de mon bord cette journée-là. Vous avez des choix de réponses, il suffit d’en choisir une seule et pas toujours le même. Le reste, c’est du domaine de la probabilité. J’ai donc fait comme 57% des Québécois à leur premier essai*, j’ai réussi!

Deuxième étape, être apprenti conducteur. Les cours pratiques sont obligatoires depuis cette année (environ 15 heures sur les routes). Dans mon cas, ce n’était pas juste une possibilité, mais bien une vraie nécessité plus que nécessaire. Vous pouvez donc être certains que je n’allais pas m’en priver. J’ai ainsi eu la chance d’avoir un accompagnateur passif qui écoutait la radio. Peu instructif, alors j’ai escamoté certains principes de base comme la fonction des pédales et le truc avec les mains sur le volant qui tourne. Des détails quoi! Son collègue a rectifié l’enlignement en faisant un peu de rattrapage intensif sans toutefois remarquer tant d’amélioration ou de potentiel. Personne n’aurait parié sur mon cheval.

Alors pourquoi on m’a offert un cours d’initiation avec une voiture à transmission manuelle. Quelle idée, je ne suis pas en mesure de gérer son amie l’automatique… alors on peut oublier l’autre projet plus compliqué…

En considérant mon défi colossal et le fait que je devais conduire dans “une grande ville” pour mon stage, j’ai même ajouté des leçons dans une école d’une encore plus “grande ville”. Difficile de rester de marbre quand l’instructrice part à rire pour la façon que vous tournez la clé… mauvais départ. Alors, imaginez mon niveau de stress… Hamster poilu a beaucoup trop de choses à gérer!

Je dois toutefois remercier mon unité familiale paternel (père) pour avoir été le seul courageux à avoir accepté de monter avec moi en cette période d’apprentissage. Imperturbable. Il est encore vivant.

Troisième étape, l’examen pratique. Niveau de stress au summum du possible malgré toute la mise en pratique. Je vous rappelle la pression supplémentaire, car je dois absolument réussir pour faire mon stage et terminer mon programme d’études.

Laissez-moi vous décrire…

 

Mon tour. L’instructrice arrive en retard et doit retourner à l’intérieur pendant que je “poirote” et entretien mon hamster poilu. Évidemment, je lui fais mon plus beau sourire à son retour. J’essaie même d’y mettre un peu de confiance en moi. Sans succès. Elle fait son inspection en faisant le tour du véhicule et me demande d’actionner le clignotant droit. Ce que je m’empresse de faire. Mauvais côté. Quel côté déjà? Alors je reprends autrement. Madame-de-marbre s’assoit alors en tant que passager et me dit: Comme ça tu mélanges ta droite et ta gauche?

Allons y… “vers l’infini, et au-delà”**. Je me promène en pensant à tous mes miroirs, mes angles morts, ma distance, mes panneaux, ma vitesse, mes clignotements…. Je vous épargnerez les détails, mais à deux reprises l’instructrice m’a souligné mon incompétence. Mal gérer une intersection quand quelqu’un te laisse gentiment passé (ne pas faire, nous devenons tout mêlés dans notre théorie). Et un changement de voie qui ne nécessitait pas de clignotant. Je me dis qu’en cas de doute, vaux mieux mettre le clignotant, mais bon.

Je retourne donc à la succursale de la SAAQ en me demandant à quel point mes erreurs m’ont coûté chers.. sois mon permis. Je ne veux pas y penser, car il me reste la cerise sur le sundae. Le stationnement obligatoire. Elle me demande de faire celui en marche arrière parmi un stationnement vide. Je m’exécute. Il y a toutefois un problème puisque la ligne jaune délimitant mon stationnement se retrouve en plein centre de mes deux roues. Je voudrais argumenter que la ligne à un problème, mais mon instructrice d’un ton autoritaire me dit: recommence. Une seconde chance? Je me reprends: avance, recule, et refait exactement la même même chose. C’est fini. Mon chien est plus que mort et mon hamster poilu imagine la catastrophe de devoir attendre un an pour la suite de ma scolarité… en plus d’une bonne dose d’humiliation. Je veux m’enfuir pour garder ce qu’on appelle la dignité. Mais non, j’entends mon nom composé dans l’interphone. Rendue au comptoir, on me demande une photo pour mon permis. QUOI? Je ne leur laisse pas le temps de s’apercevoir que c’est sûrement une erreur. Je souris. J’ai eu mon permis. Je fais partie des 67% à 69% à avoir réussi (selon l’année et les statistiques de la SAAQ).

Les chances ne sont toutefois pas toujours égales selon votre localité. Il y a des villes à éviter, car leur taux d’échec est nettement plus élevé, 48%, à Montréal et à Lachute. Selon un article de La Presse, les meilleurs taux de réussite sont destinés aux villes de Val D’Or (80,5%), Victoriaville (82%), Baie-Comeau (83%) et Lévis (80%).

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Finalement, il reste l’étape de conduire. J’ai eu l’idée de m’acheter une voiture neuve de l’année pour sillonner la petite jungle montréalaise. Erreur et là je ne parle pas de conduire en Inde, royaume de l’anarchie en matière de circulation”***. Je suis une vraie mouche sans permis de vol qui se cogne partout. Une auto tamponneuse aurait été plus adéquate. Je pouvais compter un nouvel incident aux deux semaines ainsi qu’un appel à chaque fois à mon unité familial maternel en panique. Des égratignures pour la plupart, qui font mal à la carrosserie trop neuve, mais aussi à notre ego.

J’ai reçu le conseil de nettoyer chacune des “scratchs” avec le nettoyant en crème “Vim”. Et bien, je peux vous dire que la bouteille est restée longtemps dans ma voiture avec un rôle plus important que mon lave-glace.

Il y a aussi ma portière côté passager qui a mangé un bloc de béton. Vous comprendrez que je voulais éviter un cône de l’autre côté. L’encastrement était sonorement perceptible et j’ai demandé à mon public dans sa guérite d’aller voir les dommages à ma place. À voir son visage, j’ai su que j’avais bien réussi mon oeuvre.

Il reste aussi la problématique de stationnement qui ne s’est toujours pas améliorée. Que ce soit en marche arrière ou en parallèle, il est préférable que je n’essaie même pas.. surtout si c’est votre voiture qui est autour. Vous pouvez être certains que ma prochaine voiture aura une caméra de recul (obligatoire depuis mai 2018) et un équipement d’aide au stationnement où tout se fera automatiquement!

Entre temps, je vous rassure, j’ai compris une chose. Ma voiture est plus large que je pensais. Moi qui ai toujours eu de la difficulté avec les profondeurs et les distancesma pauvre Mazda s’en souvient! Autant de cicatrices qui témoigne son vécu et sa conductrice.

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* L’Actualité; Société; Par Daniel Chrétien; 7 septembre 2017

** Citation: personnage de Buzz L’éclair (Buzz Lightyear) dans les films Toy Story

*** Top 10 des destinations où il vaut mieux ne pas prendre le volant (conseil d’ami); Topito Voyage; Par Malo 01\02\2018

2 commentaires sur “Épisode: Laissez-moi pas le volant

  1. Difficile apprentissage, mais bon tu y es arrivée. Il y a, en effet, beaucoup à surveiller. Comme dans tout apprentissage cela demande de la pratique.

  2. To infinity and beyond ….. merci du clin doeil! 😉

    Moi non plus je n’ai pas réussi mon stationnement dans mon examen….. et je ne suis pas embarqué assez vite sur l’autoroute! Mais j’ai quand même eu mon permis!

Répondre à Lecalindumatin Annuler la réponse.

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