Épisode: Carillonne pas dans mes oreilles

J’ai le terme possessif quand viens le temps de parler du carré de gazon très clairsemé en arrière de chez moi. J’ai soigneusement sélectionné cet immeuble pour avoir ma cour, un endroit partagé entre six occupants et un chien. Je réduis volontairement ma zone personnelle à mon balcon qui est partagé dans sa longueur et me suffit. Je ne demande pas grand chose, seulement l’espace nécessaire pour ma chaise. Profiter du grand air. Je laisse le reste du terrain aux autres qui ont tellement de projets jardiniers. D’ailleurs, j’ai déjà essayé les fleurs dans des balconnières et les tomates en pots, ils finissaient par mourir par manque de régularité dans l’apport en eau. Je laisse ça aux autres plus consciencieux.

MMWWAS-carillon-apollonJe veux donc profiter de ma chaise en relative tranquillité. En cette fin d’été officielle, je vais voir disparaître par le fait même un élément estival hautement perturbateur. Il m’amène à rester à l’intérieur en espérant qu’il n’y ait pas de vent. Je suis tout à fait capable de tempester contre Éole pour sa participation au délit. Dans quelques jours, je pourrais fêter le fait que mon voisin retire ce maudit objet de nuisance sonore: son carillon en métal.

Je me demande les raisons qui le pousse, été après été, à réinstaller son instrument de torture. J’ai une théorie qui suppose que le carillon aide son arbre fruitier. Ce qui expliquerait le besoin de faire fuir ce qu’il y a autour… dont moi! Alors, je m’attaque au carillon ou à l’arbre? Je vous le dis tout de suite au cas où vous l’auriez pensé, je ne peux pas m’attaquer à mon voisin. Me connaissant, la confrontation ne peut pas être gagnante. Après tout, il est chez lui!

J’ai essayé, bien sûr, de fermer mes fenêtres. Toujours pratique en pleine canicule. J’ai même acheté le meilleur des casques anti-bruit, celui pour la pratique du tir. Les décibels dépassent toutefois ses qualifications et j’ai dû me battre contre le fournisseur pour avoir un remboursement. Les standards des villes, durant la journée, sont de 50 à 55 décibels comme étant tolérables. Juste assez pour que je ne puisse pas porter plainte.

Par contre, si vous saviez les idées qui traversent mon imagination quand le vent s’en mêle et me prive de ma chaise. Je vois la cible de ma fenêtre. Je rêve d’une roulette de “Duck Tape”: mettre ma tenue de Duct-Tape-300x300Ninja, sauter avec agilité par-dessus la clôture, attraper les tiges métalliques et les enrouler bien serrés avec tout le rouleau d’adhésif. Vous voyez, je ne rêve même pas de voler le carillon, parce que je n’en veux tout simplement pas!

Je ne devrais pas vous le dire, mais j’ai déjà été impulsive avec une autre voisine qui partageait mon balcon tel un fumoir. J’ai voulu “gentiment” vider son cendrier car je suis très sensible aux odeurs. J’ai réussi, sans le vouloir, je le jure, à le briser et me couper profondément une jointure. La blessure a cicatrisé, mais la cendre y est restée. Cette marque noire me rappellera toujours la tolérance… comme de ne pas crier après un voisin. Je l’ai aussi déjà fait et je vous le dis, cela ne fait aucun bien. Maintenant vous allez penser que je suis dangereuse!

Je vais essayer de voir le positif, il y a peut-être des vertus thérapeutiques. Je pourrais réussir à éloigner les mauvaises vibrations. Il faudrait toutefois que je suggère un autre modèle à mon voisin, ça ne nuirait pas d’en avoir un plus mélodieux. Je pourrais fermer mes yeux, imaginer le décor zen, le sable et la chute d’eau. Je pourrais être aussi sur une table de massage ou en séance de yoga.

Quoique je préfère les carillonsKoshi” qui sont des instruments artisanaux de haute qualité par l’artiste français Kabir.

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D’après les extraits sonores, ils sont plus musicaux, apaisants, relaxants et harmoniques. Ils sont faits selon les quatre éléments. J’aimerais tellement ça, que je pourrais faire un duo avec un xylophone de bois ou une flûte de pan. Finalement, je pourrais calmer mes émotions négatives et mon mental souvent agité, libérer tout ce qu’il y a à libérer et chercher l’équilibre. Oufff… rien de moins

Si je reviens sur terre, je pense que mon intolérance chronique ne peut qu’empirer et ainsi annuler tous les effets positifs. Je laisse cette ambiance à mon unité familial paternel. Je ne suis pas du genre à me laisser porter par cette forme de musique. Les sons entrent dans ma tête et ne veulent juste plus en sortir. Amplifiés et intolérables.

Je continue de trouver que c’est un manque de respect de la part de mon voisin. Est-ce qu’il pense que toutes les personnes contiguës veulent entendre ce bruit agressant. Est-ce qu’il sait qu’il nous l’impose contre notre gré. Je pourrais répliquer avec de la musique hawaïenne ayant juste assez de décibels pour le dépasser. Je pourrais décorer mon balcon, m’asseoir sur ma chaise avec ma boisson non-alcoolisée dans une noix de coco… 

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Il faut que j’accepte cette nuisance sonore comme d’autres ont de la musique, des chiens qui jappent, des tondeuses et des “Weed eater” à n’importe quelle heure. J’inclus même les enfants, surtout lorsqu’ils ont accès à une piscine. Je vous échange ça contre cette musique du vent pas du tout poétique. Vous pouvez même vous construire un carillon à votre goût. Ce ne sont pas les idées qui manquent. Pourquoi pas suspendre des clés, des cuillères ou des conserves?

À bien y penser, je pourrais avoir la malchance de rester à côté d’un clocher d’église. Pourquoi pas un aéroport? Je pourrais aussi, selon Radio-Canada, habiter parmi les villes les plus bruyantes soient: Le Caire (Égypte), New Delhi (Inde), Istanbul (Turquie) et Paris (France).

Alors, le droit au silence complet n’existe pas. Mais vous ne voudriez pas dire à mon voisin, gentiment, de retirer son accessoire à son arbre pour l’automne et ne jamais le remettre…

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4 commentaires sur “Épisode: Carillonne pas dans mes oreilles

  1. Je l’attendais tellement celui là! Je me disais que c’était impossible Que nous n’ayons pas encore lu sur le sujet!

    😉😂🙉

  2. Certaines gens n’ont pas appris le respect, d’autres ne peuvent toléré le silence, ce qui fait qu’ils embêtent leur voisinage. Il n’y a pas grand chose à faire quand le bruit demeure dans la norme. C’est désagréable, mais il faut essayer de mettre le focus sur autre chose ou aller profiter de l’air pur ailleurs.

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