Épisode: Où sont les plaisirs hivernaux?

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Le Québec, une province nordique connue pour sa température froide et humide à travers ses saisons. Il y a néanmoins des écarts de températures et de précipitations sur son territoire selon la latitude et d’autres facteurs. L’hiver s’étire avec chaque année, une moyenne pouvant allée de 275 à 400 cm de neige pour le sud du Québec (Programme de surveillance du climat) et, d’après un record de 2017, 119 cm pour la même tempête en Estrie. Ce n’est pas non plus la Sibérie avec ses froids éternels.

Il n’en demeure pas moins une longue liste de désagréments et, sans entrer dans les détails, un impact négatif direct sur mon moral et mon niveau d’anxiété. Vous devinerez que je ne vais donc pas vous parler de la poésie liée à ces flocons scintillants ou de la fébrilité de sa venue. Toujours une surprise! Dans mon cas, ce serait plutôt, la hâte que disparaisse cette fameuse “merde blanche” et la peur de la moindre tempête dont les médias amplifient (presque) toujours la catastrophe. Quelques fois, ils ont raison. En effet, les conditions hivernales causent 30% plus d’accidents sur nos routes (GAA). Voilà pourquoi mon investissement pour une traction intégrale sur ma voiture, un faux sentiment de sécurité.

J’ai perdu rapidement les vrais plaisirs enfantins reliés à l’hiver. Le principe d’abord de jouer dehors tellement longtemps que le soleil se couche. Ne pas ressentir le froid jusqu’à temps que l’élocution soit laborieuse, les mitaines soient mouillées et que les pieds et les doigts soient complètement gelées. Conséquence d’une imagination sans limite pour des jeux toujours différents avec la même butte de neige et la confection de balles ou de bonhommes de neige. Il suffit aussi de glisser et de recommencer à l’infini (et au-delà). Lorsque tu es plus grand, tu apprends la construction de fort ou d’igloo et quand vraiment, tu es très chanceuse… ta soeur-préférée te construit, à la pelle, un vrai labyrinthe. Je m’en souviens. Je ne sais toujours pas comment elle a réussi cet exploit dans la cour, mais quand j’y repense, je ne l’ai pas assez remercié. Je vous le dis: un vrai de vrai!

Après tout cela, vous entrez vous réchauffer dans la demeure familiale positivement épuisé avec les joues rouges, le bonheur dans les yeux et la “morve” au nez. Malheureusement, j’ai perdu cette magie. Laissez-moi dans la cour et je vais faire du sur place, les deux pieds bien plantés en attendant d’être assez congelée pour trouver un prétexte pour rentrer.

J’ai perdu aussi la capacité de glisser. Vous pensez que ce n’est pas possible? Eh bien oui, il n’y a plus aucun plaisir associé à cette activité. Mon coeur fait juste s’arrêter de battre le temps que le supplice finisse jusqu’en bas de la piste. La vitesse et la peur de perdre le contrôle sont officiellement mes ennemies. Ah, et c’est sans mentionner le fameux “jump” placé à mi-parcours question d’avoir un souvenir au niveau du fessier. Rendue, vivante, en bas… je n’ai aucun désir de recommencer si en plus il faut que je remonte la côte et fasse un effort cardiovasculaire. Je laisse donc aux autres les glissades sur tube, toboggan, “crazy carpet”, soucoupe, traîneau et même bobsleigh. Je vais vous attendre en bas et rester en bas!

skates-3623008_640J’ai perdu aussi toutes habiletés pour patiner. Malgré des cours, je n’ai jamais réussi à comprendre la technique pour m’arrêter. Ce qui fait que je m’écrasais volontairement dans les bandes de patinoires comme une mouche sur un pare-brise. Les bras grands ouverts. Je suis donc très loin de “Disney-on-Ice”… je pourrais juste jouer le rôle d’une roche qui ne bouge surtout pas. Encore, j’aimerais mieux être une “roche en bottine”. Sinon, je suis vraiment un clown en échasse sans le vouloir. Aucun équilibre. J’ai aussi une perception exacerbée du risque de chute qui m’empêche de juste lâcher prise et avancer. Ma soeur-préférée se souvient probablement de ma dernière tentative, où je me suis avouée vaincue à (presque) mi-chemin sur la glace de la rivière L’Assomption à Joliette… préférant un chocolat chaud chez Henri à cette activité qui me rend ridicule.

J’ai perdu aussi très rapidement le talent de skier. Que ce soit alpin ou de fond. J’ai pourtant commencé les cours tôt avec le ski alpin vers 4 ans. Torture d’avancer sans avoir droit aux bâtons. La plus grande torture est toutefois venue plus tard après le “T-bar” accompagné avec l’utilisation du remonte-pente sur chaise.

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Je n’ai jamais eu confiance ni pour embarquer ni pour débarquer et j’avais à ce moment-là un vertige qui m’empêchait de monter debout sur une chaise. Alors quand j’ai compris qu’il fallait passer par là pour monter, j’ai cessé… en plein milieu d’un voyage de ski familial. Pour le ski de fond, vous imaginez le tableau si je vous dis que j’enlevais mes skis pour descendre à pied lorsqu’il y avait une pente. J’ai évidemment cessé.

Je dois dire que je n’ai aucune excuse pour ne pas faire de la raquette. Une activité accessible dont le niveau de risque est assez bas. Un brin plus plaisant que juste prendre une marche quand les sentiers ne sont pas trop “tapés” par les promeneurs précédant. J’ai tout de même cessé par manque de motivation, c’est le genre d’activité contemplative qui se fait mieux à deux…

Je pourrais considérer déneiger ma voiture comme étant un sport, mais il n’en demeure pas moins que c’est tout un effort à recommencer constamment!

Je vous mets un exemple en photo, ma voiture, quand il faut pelleter pour d’abord la trouver…

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Je vous laisse les plaisirs hivernaux, je vais rester à l’intérieur bien au chaud en espérant déjà que l’hiver finisse…

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2 commentaires sur “Épisode: Où sont les plaisirs hivernaux?

  1. Pas besoin de me remercier chère soeur prolixe. J’ai eu beaucoup de plaisir à creuser, glisser et MÊME à patiner avec toi. Les années passent, les plaisirs changent, mais il y a une constante: pour aimer l’hiver il faut VIVRE l’hiver plutôt que d’essayer de le fuir. Ce que je préfère, c’est le craquement de la neige sous les pas, le soleil sur les sentiers enneigés et le cocooning pendant les tempêtes. Pourquoi ne pas tenter une activité, répéter la tentative, en faire une habitude? Je gage que le plaisir arrivera avant le printemps…

  2. Pour aimer l’hiver, il faut oser mettre le nez dehors lors d’une belle journée ensoleillée ou lorsque la neige tombe en gros flocons. Si l’on est vêtu correctement, on appréciera même si on ne fait que prendre une marche. On se sentira revivre. Rester à l’intérieur en attendant que l’hiver passe… c’est long et démoralisant.

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