Épisode: Autre version de tout recommencer

Tout recommencer… pour aller au-delà de ses limites, mettre de côté ses émotions, remonter ses manches, prendre une grande respiration et choisir d’avancer…

Tout recommencer… tel est la promesse proclamée dans l’épisode récent de ce nom. En marchant cette semaine, j’ai alors pensé à une autre signification de cet engagement et vous comprendrez en lisant comment j’ai spontanément trouvé le lien avec une de mes passions: le tricot.

Il faut savoir que le tricot est un art qui nous apprend beaucoup de choses sur nous-même, mais qu’il est aussi un sport. Le “haut-du-corps” travaille en une chorégraphie répétitive, mais active pendant que l’attention est plus ou moins sollicitée selon le niveau de complexité demandé par un patron bourré d’abréviations et de hiéroglyphes. Les doigts, au début si maladroits, comprennent et se placent sans même avoir besoin de regarder. Que ce soit avec une tension relâchée ou serrée. La valse peut commencer, à l’endroit ou à l’envers. L’apaisement peut prendre toute sa place car, en effet, tricoter permettrait de réduire le stress, et même selon des études, être heureux (Juste Bien; Tricot-thérapie: les 5 bienfaits du tricot).

Ma grand-mère-vivante-malgré-elle m’a partagé ce qu’elle en savait à l’adolescence. J’ai réalisé alors en point mousse des immenses couvertures rayées qui étaient, évidemment, en acrylique. Je n’ai même pas pensé m’en garder une pour moi. J’ai ensuite peaufiné mes connaissances avec le livre “Le tricot pour les nuls”, avant la venue de Youtube et le partage mondial sans limite. La majorité de mes créations sont des cadeaux que j’ai offerts avec fierté. Les résultats sont toutefois différents lorsque j’essaie de faire un projet pour moi… mais ce n’est pas ce qui est le plus important à ce moment de mon récit.

Le principal est que je tricote et que je partage mon temps avec des gens. Je tricote socialement. Je fais de la jasette de mailles avec des femmes merveilleuses qui s’intéressent à ce que je fais et qui je suis. Elles me soutiennent et m’encouragent dans mes doutes. Elles me respectent. Elles sont fières avec moi quand je termine un projet; curieuses et emballées lorsque je me lance dans un nouveau patron. Elles sont fidèles et passionnées.

Elles sont là, car cela est possible… il y a un lieu très convivial, une coopérative: Pompon Laine Café que vous devriez toutes avoir dans vos vies. En plus d’y trouver tout le matériel sélectionné avec le plus grand souci pour avoir des produits naturels, locaux et équitables, vous y trouverez une expertise tout à fait disponible. Si vous passez par la vitrine sur Bonaventure, vous y verrez un mobilier ventage hétéroclite, mais combien accueillant, dont un “trône” vieux-rose ayant du vécu qui me donne l’impression qu’il est parfois le mien.

IMG_7024_small2Revenons à tout recommencer… j’ai d’abord commencé le cardigan nommé Scapa de Alma Bali (disponible en achat sur Ravelry) chez Pompon en 2017. J’ai eu un coup de coeur pour ce modèle de cette créatrice française. J’ai hésité au moins deux mois sur la laine à choisir pour bien le mettre en valeur. Trop de choix ou incapacité chronique à me positionner. Je pense que tout le monde étaient enfin contentes quand j’ai finalement sélectionné de la “Julie Asselin et de la “Manos del Uruguay dans des teintes de turquoise. Il s’agit de laines mérinos teintes à la main avec tout mon respect. Il faut déjà aimer profondément sa laine et son projet.

J’ai tricoté avec acharnement, mais surtout avec passion, pendant quelque temps jusqu’au moment final de la dernière maille et de l’essayage. L’anticipation est à son comble car mon dernier projet personnel a fini comme un chandail-ballon-montgolfière. D’ailleurs, je ne sais plus où je l’ai caché dans mon appartement pour mieux faire mon deuil de l’ajustement parfait. Il réapparaîtra dans ma vie lorsqu’il sera prêt.

Pour mon Scapa turquoise, je réalise tout de suite l’ampleur du problème. Je n’accuse pas le patron, mais j’étais magistralement loin de mon format… je ne peux même pas vous expliquer comment cela peut être possible. Je ne compte plus les X avant le L.

Je laisse tomber ?

Je recommence. Pourquoi? Tout simplement parce que pour tricoter, cela est normal, il faut aimer ce que l’on fait et cela en fait partie… c’est juste bien de s’en rendre compte à temps avant d’avoir tout terminé. Détail. Ce n’est pas grave. Il faut automatiquement de la patience incalculable envers les heures et une indulgence envers tout ce qui peut arriver.

Devant le public de Pompon, je tire alors sur les fils en liberté. Je refais des pelotes avec le sourire parce que pleurer ne servirait vraiment à rien. Il faut apprendre à tout recommencer et c’est un art que je maîtrise particulièrement. Je laisse le découragement aux autres pour mieux reprendre les aiguilles.

Il est arrivé toutefois une autre mésaventure parce qu’il y a certains matins où nous nous demandons si nous sommes vraiment réveillés. D’un pas chancelant… j’ai transféré mon bagage corporel de la cafetière, déjà citée, à mon fidèle EKTORP suédois. Un étourdissement a pris possession de ma tasse de caféine. Elle est allée s’échouer directement sur ce qui était posé au sol, soit mon tricot (deuxième version).

Le constat vient assez rapidement, les dommages de cette danse matinale sont apparents. Proactive comme je suis, lorsque le sol est redevenu stable… j’ai alors fouillé avec mon ami Google les différentes options pour mon pauvre cardigan en laine inachevé. Un truc attire mon attention, appliquer du jaune d’oeuf et laisser sécher. Nettoyer. Est-ce que je vais vraiment faire des carbonaras avec mon travail?

Je reporte la décision à plus tard comme si la laine n’était pas déjà toute engorgée à un endroit visuellement stratégique: en plein dans le col dans la section la plus pâle. J’ignore le problème pourtant flagrant et je continue de tricoter, confiante de réussir à solutionner ce souvenir à la fin. Vous pouvez aussi imaginer ma pensée magique, j’étais loin du compte…

Les oeufs, bien sûr, et tout ce qui m’est venue à l’esprit sans être trop corrosif. Inefficace envers ma tache. J’ai fini par lâcher prise. J’ai essayé avec une chance toutefois inexistante de placer le col pour éviter de montrer mon crime envers une si belle laine. Toutefois, c’était un léger détail car je me suis rendu compte devant le miroir que ma deuxième version avait un autre problème. Je ne peux pas dire que c’était fait pour un géant, c’est-à-dire les proportions sont redevenues imaginables… mais il y a ce quelque chose qui empêche de dire que tous ces mois ont vraiment permis de créer un vêtement portable. Je n’ai pas l’attitude du modèle sur la photo… je ne suis pas la photo… il y a quelque chose qui ne tombe pas bien. Le col n’est pas baveux et gracieux. Scapa de Alma Bali ne peut pas être porté ainsi… Il est beaucoup mieux étendu sur le sol, croyez-moi.

Après avoir impliqué autant d’énergie à parler, choisir, acheter, tricoter, nettoyer, finaliser… je tire sur les fils pour une deuxième fois…

Scapa et moi je crois que c’est terminé. Sans regret. Il y a malheureusement des limites à tout recommencer…

Signature4

5 commentaires sur “Épisode: Autre version de tout recommencer

  1. Tu es vraiment persévérante; c’est une très belle qualité. Comme tu le dis si bien il faut aimer ce que l’on fait car tout ce que l ‘on fait avec amour est un plaisir. Ne lâche pas cette belle activité qui te permet de rencontrer des gens ,de socialiser.

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