Épisode: Autre façon de pleurer

Même en réduisant mes attentes au minimum de mes ressources disponibles possibles (voir épisode précédente : Réduire mes attentes), la déception est venue se planter dans mon cerveau effiloché tel un couteau dans un cœur déjà mal en point. Comment survivre encore et encore avec des nouvelles décourageantes ? Comment reporter encore et encore en ayant de l’espoir ?

Je connais pourtant comment cela fonctionne, il y a tellement de besoins en santé mentale comparés aux ressources disponibles. Ils « promettent » un mois et viennent sournoisement des délais non prévus. Pendant ce temps… il faut continuer à faire son chemin. Cette fois-ci, une dernière formation requise avant de commencer les expérimentations. C’est étrange de penser que mon bonheur aura bientôt, d’ici deux mois du moins, une date. J’ai eu la confirmation que je suis toujours en attente pour ce traitement qui est supposé être immédiat et merveilleux… Je sais, m’attendre au pire… mais laissez-moi légèrement rêver. Après toutes ces années, j’ai le droit de rêver un peu éveillée. Ensuite, viendra la réalité où j’aurais à fournir encore de gros efforts, car le travail ne se termine pas avec une injection.

Mais en sortant du bureau de mon médecin psychiatre, je n’avais étrangement plus le goût autant de pleurer pour mon avenir. Je voulais seulement me décharger de toute la lourdeur du stress que j’avais vécu avant et pendant ce rendez-vous. Non. Dans l’ascenseur, mon besoin a été de dire : « Je veux un dessert complètement décadent au chocolat avec de la crème glacée ». Un coulis de chocolat en option évidemment. Mon accompagnateur paternel a accepté sans aucune résistance et m’a amené au « Dairy Queen » sans détour où à ma grande surprise, il y avait foule pour ce début de saison encore « frisquet ». J’ai savouré chaque bouchée comme si plus rien d’autre que ce moment présent n’existait.

J’aurai pu choisir aussi le dessert du restaurant « Le Shaker » qui s’appelle : le Brownie qui tue « Sur plaque chaude avec crème glacée à la vanille ». Mais le jeu de mot était un peu poussé trop loin. D’ailleurs, c’est davantage le prix de ce dessert qui tue que la décadence qui est à mon avis décevante.

Il me reste pour les prochains mois, « Chocolat Favoris » en cas de besoin dont je n’ai pas encore exploité toutes les possibilités.

Pourquoi ce besoin urgent et conscient, tel un vampire qui est à l’affût d’une source de sang humain bien fraiche ? Parce que quelques fois, nous n’avons plus de larmes et nous avons besoin de « manger nos émotions ». C’est un mécanisme d’adaptation, même plus de survie. Le corps n’en a pas vraiment besoin. Il pourrait s’agir aussi d’une forme de récompense. Il faut toutefois noter que la satisfaction est malheureusement temporaire et que la réalité revient nous happer… encore deux mois ??? Mon poids me concerne déjà, je ne pourrai pas toujours réagir ainsi à des déceptions.

Je ne porte pas de jugement, nous l’avons déjà tous fait pourvu que cela n’en devienne pas une habitude malsaine, voire une maladie. Un article de Canal Vie, Manger ses émotions, l’explique bien. La nourriture réconforte pour différentes raisons, car elle est associée aux moments forts en émotions de nos vies, associée au réconfort maternel ou bien « agit sur le cerveau comme une drogue, et entraîne la surstimulation des neurotransmetteurs qui procurent une sensation de calme et de plaisir ». Cela tombe bien, car j’ai sûrement quelques neurotransmetteurs qui ne fonctionnent pas correctement dans le cabochon.

Dans mon cas, j’avais besoin d’être rassurée comme un enfant… de trouver du réconfort ou juste fuir totalement la réalité. Le déni de ce qui venait de se passer suite à cette accumulation. Je vais donc réduire mes attentes, continuer un jour à la fois… et se préparer au mieux.

Et vous ? Dans ces moments, quelle est votre façon pour vivre vos émotions sans nécessairement pleurer ou après l’avoir fait: le kick-boxing ? La course à pied ? Ou plus calmement la méditation pour mieux se recentrer ?

 

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Il n’y a pas seulement le chocolat, il nous arrive d’avoir besoin de pleurer et je vous en parlerai dans mon prochain article…

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